Edito

La quasi totalité des textes présents sont des RPs de BBS, par conséquent, beaucoup de personnages concernant les articles de Faery, FFO et Aetheir sont les personnages joueurs de membres des BBS nommés.

Les résumés de ce site sont donc des histoires racontées par moi même mais avec la participation de personnes réelles. Et les lieux nommés, hormis pour certaines régions d'Aetheir n'ont pas été créés par moi.

Ceci étant défini, bonne lecture.
Pour en savoir plus sur les BBS en question, la page de mon blog principal "Journal de Briséis" vous fournit les liens necessaires.

mardi 1 juillet 2008

Chapitre Dix - M.Gautier

Le professeur Gautier se laissait lentement mourir, elle n’avait plus envie ni de se battre pour l’univers qu’elle avait longtemps protégé, ni pour sa famille, ni pour ses neveux. Cet homme l’avait rendue amorphe, il n’était qu’un humain normal, ignorant jusqu’à son importance dans leur monde.

Sieur Ian s’en inquiétait, Jake s’en inquiétait, Rémus et Romain aussi. Elle avait décidé de mener un dernier combat, de marier son premier amour à l’amour de sa vie, de voir son filleule et sa sœur benjamine avoir leur diplôme, puis de s’éteindre. Cet homme lui avait tout pris, sans rien demander, sans la bercer d’illusion, mais si lui savait retenir ses sentiments quand il fallait, elle en était incapable, et pour aimer, elle l’aimait, au point que le savoir heureux avec une autre, la tuait.

Lorsque Bill su que son mariage été une dernière chose qu’elle accomplirait en tant que Prêtresse Universelle, il avait eu l’idée de reporter la date, pour la garder en vie, mais, l’amour qu’il éprouvait pour sa fiancée était aussi fort que celui que le professeur éprouvait pour son humain, il voyait finalement en son mariage, un hommage à la mort de Marianne.

Dans ce monde, elle avait tout réussi, ces missions étaient toujours des succès, à deux exceptions près, et deux missions dans le CV du professeur Gautier ce n’est rien, elle avait été la meilleure élève de son académie, la meilleure magicienne de l’Univers, l’Herboriste attitrée de la reine, la tante, marraine, sœur ou belle sœur qui prenait tout l’administratif en main, elle s’était crée un capitale social plus important que la reine elle-même, elle avait réussi à faire signer la trêve entre le mal, le neutre et le bien. Mais dans son monde de naissance, qui était elle ? Une jeune fille, dans la norme, qui a d’après ces humains d’amis tout pour elle.

Mais elle ne l’avait pas lui, et avait décidé d’en mourir, parce que c’était lui qu’elle voulait, avec ses défauts, ses qualités, ses incompréhensions et des airs parfois niais. Lui qui l’avait toujours considérée comme une bonne copine. Elle avait parfois envie que sa renommée filtre dans son monde natale, lui dire qu’elle avait sauvé des milliers de vies, éduqué des centaines d’enfants, dans les dimensions parallèles, qu’elle avait côtoyé Henri IV ou Napoléon de près, qu’elle avait été membre de la résistance et avait même rencontré des membres de sa famille dans ses missions dans le passé… Elle voulait parfois qu’il sache qu’elle femme on disait qu’elle était.

Mais elle n’arrivait déjà pas à lui dire que sans lui elle n’était plus rien, lui avouer un sentiment qui la rongeait et lui faisait souvent faire n’importe quoi, ou réagir de façon excessive.

Née sous le totem de l’amour, elle s’était battue toute sa vie de prêtresse pour son symbole, et aujourd’hui elle en mourrait, c’était si simple, de se laisser aller lentement, à la mélancolie et la lassitude, à son état végétatif, allongée dans son grand lit à baldaquin, dans sa chemise de nuit noire en satin et dentelles d’une autre époque.

Le professeur Gautier se laissait mourir d’amour, pour un humain, l’Univers perdait une partie de son équilibre, pour lui. Juste lui.

Un jour, moi aussi j’y arriverai, et je deviendrai peut être enfin le professeur Gautier, Marianne est le fantasme de ma vie, la personne que j’aimerai être, dans ce monde imaginaire que je m’étais créé adolescente. Elle est morte comme ça parce qu’il fallait que je m’en détache. Mais bientôt, j’ai la sensation, que je mourrai comme elle.

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