Journal de la Reine Briséis Magrat Jane Aetheir d’Occident.
Première nuit du conflit de 3721 en Deorsa.
C’était il y a environ 4 ans, je ne sais plus, feu mon père avait travaillé sur moi avec acharnement pour que j’oublie cette histoire. Mais alors qu’Alec mettait un genou à terre dans la Galerie des Portraits cet après midi, je me rappelais de ce serment qu’il m’avait fait 4 ans plutôt, lors de cet épisode douloureux de ma vie.
Durant les guerres de purifications, qui prirent fin à quelques années de la fin du règne de feu mon père, les esprits et races vivantes maléfiques d’occidents ne s’étaient pas laissés exterminer sans mot dire. Alors que mon père terminait la purification du désert de Phinael, loin au Sud de Lancre, où il m’avait laissé aux soins de la famille Flistran. Le plus puissant des esprits de Miraeval avait préparé sa vengeance sur l’extinction de ses fidèles par feu Kearney le champion et ses troupes. Il y avait un moyen simple d’atteindre en plein cœur le descendant en règne qui malmenait les forces maléfiques d’occidents ; Kearney n’était pas homme facile à effrayer, mais sa longue vie de Descendant n’avait pas été faite que de bonheur, il y avait perdu un fils, puis sa femme. Ne lui restait donc d’égale, que moi, alors âgée de 15-16 ans et prisonnière du Château Royale, ou je ne pouvais pas y être reconnue comme Héritière.
Cette peur viscérale de perdre la seule famille qu’il avait l’accompagnait depuis ma naissance. Ainsi, il me gardait enfermée dans l’enceinte du château, où peu de gens connaissaient mon identité. La plupart des nobles, courtisans, gens, et hommes de cours me prenaient pour un membre éloigné de la famille Flistran, sur laquelle Cousin Alec veillait de très près, restant au château avec l’autorisation du Roi afin de m’instruire des usages de la cours et peut être être nourrice ou Dame de compagnie de son Altesse l’Héritière.
Cette existence cachée à mes propres sujets proches ne me gênait pas, au contraire, pendant les 19 premières années de ma vie, j’allais où bon me semblait, à l’heure qu’il me plaisait, du moment que je restait dans Lancre le Château.
Néanmoins, cette facilité à cacher l’Héritière n’était pas la même pour les esprits purement magiques de notre belle contrée. Ainsi, Alrinach le Vampire et mage le plus puissant, voyait d’un mauvais œil l’arrêt de son commerce de sang, de richesses et le culte que lui vouaient les gens des petits villages du Sud et de l’Ouest du mont Cretleb. Ses longues années en tant qu’entité maléfique omniprésente de cette région sombre de Légérith lui avait permis de faire commerce avec les pires mages noires que comptait Occident, certains si puissants que le Seigneur des Terres Anarchiques, aurait pu les engager pour remplacer certains de ces meilleurs officiers.
Il abattit une ancienne malédiction sur moi, afin d’envoyer un avertissement au grand Roi si inébranlable dans sa guerre pour le bien. Je tente, alors que je dicte ce journal de me rappeler les moindres détails de ma Possession. Les fièvres brûlantes pendant lesquelles je mourrais de froid, les yeux anormalement blanc et vitreux qui me faisaient voir des choses qui n’existaient pas, ou du moins pas sur notre plan astral. Dans les livres que j’ai trouvé sur le sujet, un des plus récents traite de mon cas, par l’intermédiaire d’Hector je contactais l’auteur pour me souvenir. Mais je n’eut pas besoin de le voir pour me souvenir. La Possession laisse une trace éternelle au Possédé, elle ne s’efface jamais, et les souvenirs gommés par feu mon père, celui d’Alec, et Alec lui même me sont revenus cette nuit, entre deux cauchemars de mes troupes et d’Alec en Deorsa.
Je revoyais donc, si clairement que j’eus l’impression d’y être de nouveau, les râles, l’impression de ne pas pouvoir utiliser mon propre corps, la sensation de ne plus m’appartenir, la prison que mon corps désobéissant était pour ma conscience toujours vive. Et lorsque la Bête envoyée en moi s’assoupissait légèrement, pour reprendre les forces nécessaire à a Possession d’une Héritière –pas encore en plein pouvoirs- mes rares moments de lucidités, au travers des brumes de douleurs lancinantes dans tout mon corps, la transpiration glacée, l’impression de ressentir même l’air trop lourd sur ma poitrine pour m’empêcher de respirer, la violence de mon rythme cardiaque. L’impression de sentir absolument toutes les fonctions de mon corps, qui d’habitude sont imperceptibles ; là, mon corps en se contractant me faisait mal, à chaque battement de cœur, je ressentais la pression du muscle qui se contracte avec force et se relâche, lorsque mes poumons se gonflaient ou se vidaient, je sentais leurs parois s’étirer violemment, mon estomac bouillait de suc et mes intestins me faisaient souffrir des digestions banales sur des kilomètres de tripes, le tout dans un froid externe glacial et une chaleur interne bouillante.
Les yeux lourds, et flous, je voyais s’affairer autour de moi les médecins, les exorcistes, les mages et guérisseurs du Royaume. Et Alec, toujours dans la chambre, jamais dehors, ou seulement lorsque son père prenait le relais pendant quelques heures pour que son fils dorme et mange. C’est donc de là que viens mon souvenir, de plus profond de ce monde de ténèbres et de violence dans lequel j’errais pendant le temps de la Possession, qu’il m’a prit la main sur mon lit.
« - Vais je mourir ?
- Pas encore, tu ne peux pas mourir Briséis Magrat Jane Aetheir. Pas maintenant.
- Tu en es sur ? Je sens au fond de moi que me laisser envahir est promesse de repos, loin de toute cette souffrance.
- Tu ne peux pas mourir.
- Alec… ? Je ne vois plus.
- On va te guerrir. »
J’entendais alors la détresse dans sa voix, et devinais la couleur bleue nuit de ses yeux, je levais ma mains, en essayant de la diriger là où je le devinais à sa voix, et passais ma main sur sa joue fraîche et tendre. Je sentais alors une larme
« - Alec… j’ai trop mal.
- Ne lâche pas prise. Reste avec moi. Briséis…
- Je ne peux plus, j’ai besoin d’arrêter quelques secondes. Il me faut arrêter.
- Non ! Reste éveillée. Je t’interdis de mourir Majesté ! M’entends tu ?
- Alec… Je… C’est moi qui donne les ordres, dis je avec un sourire.
- Si tu meurs je ne le supporterai pas, j’ai besoin que tu restes en vie.
- Il… Il… Il y a… d’autres gens… à protéger Alec. Il… y’aura d’autres… descendants. Tu me pleureras…. Longtemps… Long…temps peut être. Mais … tu… t’en… tu t’en… remettras.
- Jamais, gémit il, la voix pleine de pleurs, la gorge nouée. Je ne pourrai jamais me remettre de ta mort Princesse. Tu ne sais pas…, il reprit son souffle et ne termina pas sa phrase.
- Alors dis moi Lieutenant… ce que je ne sais pas, haletais je en attendant la fin du clavaire. »
Je m’évanouissais à ce moment là, et je n’entendis pas ce qu’il avait à me dire. Dans le monde de la royauté, les sentiments, aussi pures et intenses soient ils d’un garde pour sa Princesse ne se disent pas, il m’aura fallut attendre 4 ans pour savoir ce qui avait fait espérer mon cœur se soir là. Alors que je luttais entre la vie et la mort.
D’une possession on n’oublie jamais le fait qu’au moment où on se sent le moins en vie, on n’arrive pas non plus à mourir. Je pense aujourd’hui que la Bête qui m’habitait ne voulait pas que je meure, et m’infligeait en conséquence la torture interne la plus effroyable qui soit. Au moment où j’essayais de partir, consciente au plus profonde de ce qui me restait de lucidité que je perdais pieds, que je ne pouvais plus me battre, j’entrais dans une sorte de coma. Coma effroyable, où j’entendais tout ce qui se passait, où je restais tapie au fond de ma tête, pendant que la Bête elle, prenait le contrôle de mes lèvres et de ma voix, de mes yeux, et de mon corps pour se débattre des sangles qui nous retenaient toutes deux au lit et injurier mon Père, celui d’Alec, et les gens qui me gardaient physiquement en vie, en attendant de trouver comment briser la malédiction.
Un jour je me réveillais, j’avais l’impression de revenir de très loin, je ne savais même plus où je me trouvais, ni de pourquoi j’été trempée de sueur de mon lit, Alec endormi à mon chevet, mon père faisant les cent pas au pied du lit et les rayons du soleil qui m’aveuglaient dans le petit matin.
Ce qui s’était passé cette nuit là, je ne savais pas, mais la Bête n’était plus là au matin. Le calvaire s’arrêtait. Et comme beaucoup de possédés, je ne savais pas comment, mais je savourais de ne pas avoir mal en respirant, de pouvoir lever les mains sans qu’elles ne pèsent une tonne.
Ces quelques gestes de ma part me value d’être presque soulevée du lit par mon père qui me prenait dans ses grands bras, je m’accrochais à lui, heureuse d’être là, et par dessus son épaule, regardais Alec, un sourire triste sur les lèvres, les yeux de la couleur du soulagement. Il se leva et laissa les Rois entre eux.
C’était il y a environ 4 ans, je ne sais plus, feu mon père avait travaillé sur moi avec acharnement pour que j’oublie cette histoire. Mais alors qu’Alec mettait un genou à terre dans la Galerie des Portraits cet après midi, je me rappelais de ce serment qu’il m’avait fait 4 ans plutôt, lors de cet épisode douloureux de ma vie.
Durant les guerres de purifications, qui prirent fin à quelques années de la fin du règne de feu mon père, les esprits et races vivantes maléfiques d’occidents ne s’étaient pas laissés exterminer sans mot dire. Alors que mon père terminait la purification du désert de Phinael, loin au Sud de Lancre, où il m’avait laissé aux soins de la famille Flistran. Le plus puissant des esprits de Miraeval avait préparé sa vengeance sur l’extinction de ses fidèles par feu Kearney le champion et ses troupes. Il y avait un moyen simple d’atteindre en plein cœur le descendant en règne qui malmenait les forces maléfiques d’occidents ; Kearney n’était pas homme facile à effrayer, mais sa longue vie de Descendant n’avait pas été faite que de bonheur, il y avait perdu un fils, puis sa femme. Ne lui restait donc d’égale, que moi, alors âgée de 15-16 ans et prisonnière du Château Royale, ou je ne pouvais pas y être reconnue comme Héritière.
Cette peur viscérale de perdre la seule famille qu’il avait l’accompagnait depuis ma naissance. Ainsi, il me gardait enfermée dans l’enceinte du château, où peu de gens connaissaient mon identité. La plupart des nobles, courtisans, gens, et hommes de cours me prenaient pour un membre éloigné de la famille Flistran, sur laquelle Cousin Alec veillait de très près, restant au château avec l’autorisation du Roi afin de m’instruire des usages de la cours et peut être être nourrice ou Dame de compagnie de son Altesse l’Héritière.
Cette existence cachée à mes propres sujets proches ne me gênait pas, au contraire, pendant les 19 premières années de ma vie, j’allais où bon me semblait, à l’heure qu’il me plaisait, du moment que je restait dans Lancre le Château.
Néanmoins, cette facilité à cacher l’Héritière n’était pas la même pour les esprits purement magiques de notre belle contrée. Ainsi, Alrinach le Vampire et mage le plus puissant, voyait d’un mauvais œil l’arrêt de son commerce de sang, de richesses et le culte que lui vouaient les gens des petits villages du Sud et de l’Ouest du mont Cretleb. Ses longues années en tant qu’entité maléfique omniprésente de cette région sombre de Légérith lui avait permis de faire commerce avec les pires mages noires que comptait Occident, certains si puissants que le Seigneur des Terres Anarchiques, aurait pu les engager pour remplacer certains de ces meilleurs officiers.
Il abattit une ancienne malédiction sur moi, afin d’envoyer un avertissement au grand Roi si inébranlable dans sa guerre pour le bien. Je tente, alors que je dicte ce journal de me rappeler les moindres détails de ma Possession. Les fièvres brûlantes pendant lesquelles je mourrais de froid, les yeux anormalement blanc et vitreux qui me faisaient voir des choses qui n’existaient pas, ou du moins pas sur notre plan astral. Dans les livres que j’ai trouvé sur le sujet, un des plus récents traite de mon cas, par l’intermédiaire d’Hector je contactais l’auteur pour me souvenir. Mais je n’eut pas besoin de le voir pour me souvenir. La Possession laisse une trace éternelle au Possédé, elle ne s’efface jamais, et les souvenirs gommés par feu mon père, celui d’Alec, et Alec lui même me sont revenus cette nuit, entre deux cauchemars de mes troupes et d’Alec en Deorsa.
Je revoyais donc, si clairement que j’eus l’impression d’y être de nouveau, les râles, l’impression de ne pas pouvoir utiliser mon propre corps, la sensation de ne plus m’appartenir, la prison que mon corps désobéissant était pour ma conscience toujours vive. Et lorsque la Bête envoyée en moi s’assoupissait légèrement, pour reprendre les forces nécessaire à a Possession d’une Héritière –pas encore en plein pouvoirs- mes rares moments de lucidités, au travers des brumes de douleurs lancinantes dans tout mon corps, la transpiration glacée, l’impression de ressentir même l’air trop lourd sur ma poitrine pour m’empêcher de respirer, la violence de mon rythme cardiaque. L’impression de sentir absolument toutes les fonctions de mon corps, qui d’habitude sont imperceptibles ; là, mon corps en se contractant me faisait mal, à chaque battement de cœur, je ressentais la pression du muscle qui se contracte avec force et se relâche, lorsque mes poumons se gonflaient ou se vidaient, je sentais leurs parois s’étirer violemment, mon estomac bouillait de suc et mes intestins me faisaient souffrir des digestions banales sur des kilomètres de tripes, le tout dans un froid externe glacial et une chaleur interne bouillante.
Les yeux lourds, et flous, je voyais s’affairer autour de moi les médecins, les exorcistes, les mages et guérisseurs du Royaume. Et Alec, toujours dans la chambre, jamais dehors, ou seulement lorsque son père prenait le relais pendant quelques heures pour que son fils dorme et mange. C’est donc de là que viens mon souvenir, de plus profond de ce monde de ténèbres et de violence dans lequel j’errais pendant le temps de la Possession, qu’il m’a prit la main sur mon lit.
« - Vais je mourir ?
- Pas encore, tu ne peux pas mourir Briséis Magrat Jane Aetheir. Pas maintenant.
- Tu en es sur ? Je sens au fond de moi que me laisser envahir est promesse de repos, loin de toute cette souffrance.
- Tu ne peux pas mourir.
- Alec… ? Je ne vois plus.
- On va te guerrir. »
J’entendais alors la détresse dans sa voix, et devinais la couleur bleue nuit de ses yeux, je levais ma mains, en essayant de la diriger là où je le devinais à sa voix, et passais ma main sur sa joue fraîche et tendre. Je sentais alors une larme
« - Alec… j’ai trop mal.
- Ne lâche pas prise. Reste avec moi. Briséis…
- Je ne peux plus, j’ai besoin d’arrêter quelques secondes. Il me faut arrêter.
- Non ! Reste éveillée. Je t’interdis de mourir Majesté ! M’entends tu ?
- Alec… Je… C’est moi qui donne les ordres, dis je avec un sourire.
- Si tu meurs je ne le supporterai pas, j’ai besoin que tu restes en vie.
- Il… Il… Il y a… d’autres gens… à protéger Alec. Il… y’aura d’autres… descendants. Tu me pleureras…. Longtemps… Long…temps peut être. Mais … tu… t’en… tu t’en… remettras.
- Jamais, gémit il, la voix pleine de pleurs, la gorge nouée. Je ne pourrai jamais me remettre de ta mort Princesse. Tu ne sais pas…, il reprit son souffle et ne termina pas sa phrase.
- Alors dis moi Lieutenant… ce que je ne sais pas, haletais je en attendant la fin du clavaire. »
Je m’évanouissais à ce moment là, et je n’entendis pas ce qu’il avait à me dire. Dans le monde de la royauté, les sentiments, aussi pures et intenses soient ils d’un garde pour sa Princesse ne se disent pas, il m’aura fallut attendre 4 ans pour savoir ce qui avait fait espérer mon cœur se soir là. Alors que je luttais entre la vie et la mort.
D’une possession on n’oublie jamais le fait qu’au moment où on se sent le moins en vie, on n’arrive pas non plus à mourir. Je pense aujourd’hui que la Bête qui m’habitait ne voulait pas que je meure, et m’infligeait en conséquence la torture interne la plus effroyable qui soit. Au moment où j’essayais de partir, consciente au plus profonde de ce qui me restait de lucidité que je perdais pieds, que je ne pouvais plus me battre, j’entrais dans une sorte de coma. Coma effroyable, où j’entendais tout ce qui se passait, où je restais tapie au fond de ma tête, pendant que la Bête elle, prenait le contrôle de mes lèvres et de ma voix, de mes yeux, et de mon corps pour se débattre des sangles qui nous retenaient toutes deux au lit et injurier mon Père, celui d’Alec, et les gens qui me gardaient physiquement en vie, en attendant de trouver comment briser la malédiction.
Un jour je me réveillais, j’avais l’impression de revenir de très loin, je ne savais même plus où je me trouvais, ni de pourquoi j’été trempée de sueur de mon lit, Alec endormi à mon chevet, mon père faisant les cent pas au pied du lit et les rayons du soleil qui m’aveuglaient dans le petit matin.
Ce qui s’était passé cette nuit là, je ne savais pas, mais la Bête n’était plus là au matin. Le calvaire s’arrêtait. Et comme beaucoup de possédés, je ne savais pas comment, mais je savourais de ne pas avoir mal en respirant, de pouvoir lever les mains sans qu’elles ne pèsent une tonne.
Ces quelques gestes de ma part me value d’être presque soulevée du lit par mon père qui me prenait dans ses grands bras, je m’accrochais à lui, heureuse d’être là, et par dessus son épaule, regardais Alec, un sourire triste sur les lèvres, les yeux de la couleur du soulagement. Il se leva et laissa les Rois entre eux.
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